Notre régiment, le 91e R.I.

Vous l'aurez sans doute compris, notre régiment, celui que nous reconstituons, est le 91e Régiment d'Infanterie.

Il n'est pas ici question d'en faire l'historique, vous le trouverez ICI, mais plutôt de vous donner les éléments, qui en émanent, que nous côtoyons au quotidien.

 

 

Patte de col du 91e RI,
en temps de paix :
-Chiffres Garance

-Passepoil Bleu

 

 

Patte de col du 91 RI,
en temps de guerre :
- Chiffres et passepoil bleus



- Le drapeau -

D’une apparence des plus classiques pour un drapeau régimentaire, il se distingue par les inscriptions qui ornent ses plis.

Reconstitution du drapeau du 91e R.I.
Reconstitution du drapeau du 91e R.I.

Les premières inscriptions datent de la période napoléonienne, déjà évoquée précédemment : Iéna 1806 et Eylau 1807. Les deux suivantes sont acquises sous le Second Empire : Sébastopol 1855 et Solferino 1859 (C’est la bataille à l’origine de la Croix-Rouge). Les trois dernières inscriptions sont héritées de la Première Guerre mondiale : la Marne 1914, Argonne 1915, l’Aisne 1917-1918.

- Son histoire -

Le drapeau du 91e RI accompagné de sa garde en 1960
Le drapeau du 91e RI accompagné de sa garde en 1960

Il semblerait qu’il existe aujourd’hui deux drapeaux du 91e RI. Le premier, celui qui a servi pendant la Première Guerre mondiale, a été versé au Musée de l’Armée, dans l’Entre-deux-guerres. En 1939, le régiment reçoit un nouveau drapeau. Son régiment dissout avec la défaite de 1940, le drapeau atterrit dans la 17e région militaire (région de Toulouse) et ne rejoint le Service Historique que le 3 janvier 1945.


- Ses décorations -

Croix de guerre 14/18 et Médaille d'or de Milan
Croix de guerre 14/18 et Médaille d'or de Milan

Le drapeau du régiment est décoré de la médaille d’or de Milan, cette médaille est remise en 1909 pour le cinquantième anniversaire de la campagne d’Italie. Suite aux faits d’arme de la Première Guerre mondiale, le régiment est décoré, le 31 janvier 1919, de la Croix de Guerre accompagnée de 2 palmes.



Durant cette période au service historique, le drapeau se refait une beauté : la soie rouge est réparée le 16 novembre 1971.
Le 21 janvier 1974, le drapeau est déposé dans le nouveau Centre d’entrainement Commando de Givet. Ce dernier a pris ses quartiers dans le Fort de Charlemont, ancien casernement du 91 RI. La même année, la cravate («sorte d'écharpe brodée dont on orne la hampe d'un drapeau» Littré) est changée, le 12 août 1974. Le 7 août 1975 le drapeau est confié au 4e régiment de dragons. C’est en effet ce régiment qui est chargé de la mise sur pied du 91e RI en cas de mobilisation. Le 13 septembre 1988, le drapeau retourne au CEC qui est maintenant occupé par le 9e régiment de zouaves.
Le 16 novembre 1995, le drapeau du 91e RI quitte définitivement la terre ardennaise pour rejoindre le service historique qui le dépose le 20 mai 1996 au Musée de l’Armée.
C’est en ce lieu qu’est aujourd’hui conservé le drapeau du 91e RI.

- Les pucelles -

La pucelle est l'insigne du régiment.
Mais d’où vient ce mot ? Pourquoi un insigne militaire porte-t-il ce nom ?
Il existe de nombreuses légendes autour de cet insigne, toutes aussi vraisemblables les unes que les autres. Il est quasiment certain que la naissance de cet insigne date de la Première Guerre mondiale. La légende voudrait que les Poilus, afin de se protéger, portent sur leur habit une médaille à l’effigie de la Pucelle : Jeanne d’Arc. La seconde légende, relativement proche de la première voudrait que les premiers insignes régimentaires représentent Jeanne d’Arc et qu’ensuite, par extension, tous les insignes se soient appelés «Pucelle», puis «pucelle ».
L’apparition des pucelles ne répond pas à une volonté officielle. Si l’origine en est la Première Guerre mondiale, il est difficile d’être plus précis. Certains avancent l’année 1917 comme l’année de multiplication des pucelles.
Pucelle ancien modèle
Pucelle ancien modèle

- L'ancien modèle -

 

La conception de la première pucelle du 91e RI est assez simple : elle représente un gros sanglier debout sur des branches de chêne. Le sanglier, symbole traditionnel de rusticité et de force, est le symbole des Ardennes. C’est en effet chevauchant un sanglier que la Déesse Arduinna (qui a donné son nom à la région) est représentée. Le chêne est symbole de force et de majesté.

La "corvée de pluche" au 147e RI, 1919, SHD
La "corvée de pluche" au 147e RI, 1919, SHD

 

 

 

 

Il semblerait que le 147e RI ait lui aussi porté cette pucelle, et même avant le 91e RI. Ceci est avéré par une carte postale de 1919 où la pucelle est clairement identifiable. Le régiment est dissout en 1923.

Pucelle du 147e RIF
Pucelle du 147e RIF

 

Aux alentours de cette date, le même modèle de pucelle apparait pour le 91e RI. La première apparition datée du dessin, et non de l’objet, est de 1920.En 1939 le 147e est reformé en Régiment d’Infanterie de Forteresse avec un nouvel insigne gardant quand même le sanglier en symbole.

 

La date de changement de modèle de pucelle est inconnue, l’ancien modèle est utilisé officiellement, au moins jusqu’en 1929. De plus, comme rien ne se jette dans l’armée française, la pucelle ancien modèle a continué à être portée par la suite.
Pucelle nouveau modèle du 91e RI
Pucelle nouveau modèle du 91e RI
- Le nouveau modèle -
Il est fort probable que le changement s’opère dans le milieu des années 30. En effet cette période est celle d’un bouleversement dans l’équipement militaire français. C’est sans doute pour cela que certains parlent d’un modèle (19)35.
Le second modèle reprend en grande partie le modèle précédent : la forme ronde, le sanglier.
Aux branches de chêne sont ajoutées des branches de laurier : à la force est ajoutée la victoire. Les principaux ajouts permettent de la faire ressembler dans ses caractéristiques à d’autres modèles. Désormais, la devise et le numéro du régiment figurent sur la pucelle. On aperçoit en plus, en arrière-plan, une représentation stylisée de ce qui pourrait être Mézières : un clocher pour la basilique, un pont et une rivière pour la Meuse.
La pucelle représente un réel programme de valeurs pour ceux qui la portent.

- Les devises -

Il semble que le 91e RI ait deux devises.

La première «Tué oui, vaincu jamais !» est donnée par certains comme la plus ancienne, par d’autres pour simultanée, elle est néanmoins la plus rare et la plus discrète. Elle apparait pourtant bien sur une pucelle (entre 1925 et 1930) bien avant «Sans peur et sans reproche» (apparue sur une pucelle vers 1936), qui reste la devise la plus connue et la plus utilisée.

"Tué oui, vaincu jamais !"

"Sans peur et sans reproche"

Cette devise est celle associée au chevalier Bayard (XVe siècle).
Sa vie est racontée par son compagnon d’arme Jacques de Mailles, dans la Très joyeuse et très plaisante histoire du gentil seigneur de Bayard, le bon chevalier sans peur et sans reproche. On entrevoit ici la naissance de la légende du chevalier Bayard et de la « future » devise. Le lien entre le chevalier Bayard et le 91e RI pourrait remonter à l’Empire. Le régiment s’illustre lors des différentes Campagnes d’Italie. Or c’est en Italie, que deux cent ans plus tôt s’était illustré le chevalier Bayard, avant de défendre, durant l’été 1521, la ville de Mézières face aux armées de Charles Quint ; Mézières qui deviendra la ville de garnison historique du régiment.

 

Le choix d’une devise chevaleresque répond aussi à une tradition au sein de l’armée française de se placer dans la descendance d’illustres personnages de l’histoire de France censés symboliser les valeurs du régiment.


- La fourragère -

Croix de guerre 14/18 à deux palmes
Croix de guerre 14/18 à deux palmes
La fourragère du régiment est une décoration collective, portée par tous les membres du régiment. Elle n’appartient pas au soldat, sauf si celui-ci a pris part à l’action qui a valu la décoration au régiment.

Le 31 janvier 1919, le 91e RI reçoit la croix de guerre accompagnée de 2 palmes de bronze. Ces palmes représentent les deux citations à l’ordre de l’armée du régiment. La Croix de guerre et ses palmes ornent désormais la cravate du drapeau régimentaire.
Par cette décoration, l’ensemble du régiment peut désormais porter la fourragère verte et rouge aux couleurs de la médaille. La fourragère du régiment étant une décoration collective, elle peut être portée par tous les membres du régiment. Officiellement, cette remise se déroule lors de la présentation au drapeau du régiment.

Porter la fourragère, c’est appartenir à un groupe passé, présent et futur. C’est aussi se souvenir du sacrifice de ceux qui nous ont précédés ...